Monday, November 18, 2013

Many hands make light work / L'union fait la force





I was recently drinking coffee with Bruno and Mélanie in their wonderful straw bale house**. Cécile popped her head round the door as she'd come to collect one of their kiddies to take to drawing class with her own daughter. She started talking about a new idea she'd read about of creating a vegetable bed using rotting logs and used the 'permaculture' word, something I don't hear often, so my ears pricked up. The long and the short of the conversation that followed is that we now have ourselves a gardening group.

J'étais récemment avec Bruno et Mélanie, autour d'une tasse de café dans leur magnifique maison en bottes de paille**. Cécile passa la tête par la porte alors qu'elle venait chercher un de leurs enfants pour l'emmener à une classe de dessin avec sa propre fille. Elle a commencé à expliquer une nouvelle idée qu'elle avait lu sur la création d'une butte de légumes enutilisant des tronçons enterrés et a utilisé le mot «permaculture». Une expression que je n'entends pas souvent ici, donc mes oreilles se dressées ! A la fin de cette conversation, nous avions décidé de créer notre propre « groupe de jardinage ».
 


There are a couple of proverbs that seem to contradict each other: many hands make light work, whereas too many cooks spoil the broth, so perhaps there's an optimum number in any task-driven situation. For us, it's four couples along with assorted small children—that require feeding, entertaining and otherwise managing but don't provide any useful labour—who meet up to share good food (we're in France, remember) ideas and energy. For me, a perpetually busy but sensitive soul, a huge benefit is that of the morale support one gets in a group: if a long list of things to do can be overwhelming, there's no better antidote than a smiling group of friends turning up bearing tools.


Il y a des proverbes qui semblent se contredire les uns les autres: « l'union fait la force », mais « autant de têtes, autant d'avis. » Alors peut-être existe-t-il un nombre optimal pour chaque tâche. Pour nous, c'est quatre couples ainsi que les petits enfants—qui nécessitent l'alimentation, divertissement et gestion, mais ne fournissent pas de travail utile—qui se retrouvent pour partager la bonne bouffe, des idées et de l'énergie. Pour moi, une âme perpétuellement occupée, mais sensible, l'avantage énorme est le soutien moral reçu via le groupe : si une longue liste de choses à faire peut être écrasante, il n'y a pas de meilleur moment que lorsqu'un groupe d'amis souriant arrive chargé d'outils.



Our first event was fittingly at Cécile's and Antony's where we tidied up an area to be given over to chickens, built compost bins out of pallets and prepared a vegetable bed for next spring. Previously covered with old lino (a damn fine mulch, I have to report) the bed needed just a light fork over with a grelinette (broad fork) taking the opportunity to remove thick, spaghetti-like roots of bindweed, then a couple of boards pegged on the back and one side, levelled with a rake and a covering of chipped willow to cover the soil until next spring.

Notre premier chantier de groupe a été inauguré chez Cécile et Antony. C'est là que nous avons aménagé un espace pour des poules, construit des bacs de compostage à partir de palettes et préparé une « planche » de légumes pour le printemps prochain. Couverte bien avant notre chantier d'un vieux lino (un paillis sacrément efficace, je dois le signaler), la planche n'a eu besoin que d'un léger passage de Grelinette (large fourchette), profitant de l'occasion pour enlever les racines épaisses et celles formant un réseau dense de « spaghetti » comme chez le liseron. Puis nous avons placé quelques planches de bois sur chant au niveau des bordures de la terre travaillée que nous avons nivelée au râteau puis couverture de taille de saule pour couvrir le sol jusqu'au printemps prochain.
 


Yesterday, we joined up again at Bruno's and Mél's to double-dig a crescent-shaped vegetable bed, plant a row of autumn-fruiting raspberries and a handful of bare-rooted fruit trees. Swinging mattocks, we removed the turf, dug out a spit (spade's depth) and carted it to the opposite end. The idea of 'double' digging is not to turn the soil over to two spades depth as you'd risk mixing precious topsoil with subsoil, what you do is remove the top layer and then decompact the lower layer before replacing the fluffed up topsoil on top. 


Hier, nous nous sommes à nouveau retrouvés chez Bruno et Mel. Nous avons créé une nouvelle planche de légumes en forme de croissant utilisant la technique du double bêchage et pour planter une rangée de framboises (qui portent des fruits en automne) et quelques arbres fruitiers à racines nues. Avec une pioche-hache, nous avons retiré le gazon, puis creusé sur la profondeur d'une bêche. L'idée de « double bêchage » n'est pas retourner la terre à deux bêches de profondeur car vous risqueriez de mêler la précieuse terre arable avec la terre jaune ; cette technique permet de retirer la couche supérieure pour ensuite décompacter la couche inférieure avant de replacer la couche arable sur le haut.
 


At one end, the soil was beautiful, dark, silty loam all the way down. By the time we'd reached the other end, things had changed a lot: the subsoil was very clayey (in a concrete sort of way) and couldn't be penetrated by the broad fork nor a tarmac fork (a useful tool as it has a metal shaft, so you can give it a real heave-ho to break up the lower layer) so we had to swing a pickaxe at it to achieve what we wanted. Into the mix, we threw the matured contents of their compost toilet (nitrogen, with some phosphorus and potassium), wood ash from the stove (potassium) and some chipped willow (carbon). Once raked even, the bed was covered with a thin layer of black compost (the darker it is, the more organic matter it has) and a protective deep mulch of straw. The straw will be removed in spring prior to planting so as to let the soil heat up and to remove the ideal conditions for slugs and snails. Job done as the winter sun went down, we retired inside for goûter, which is what our French friends call afternoon tea.


À une extrémité, la terre était belle, foncée, limoneuse jusqu'au fond. Au moment où nous avons atteint l'autre côté, les choses ont beaucoup changé : le sous-sol était très argileux (comme un béton) et ne pouvait être pénétré ni par la grelinette, ni par une fourche de macadam (un outil utile, car il a une manche de métal, de sorte qu'on peut le tirer avec beaucoup de force sans le casser, pour briser la couche inférieure de terre). Nous avons donc dû utiliser une pioche en premier pour obtenir ce que nous voulions ! Dans le mélange, nous avons jeté le compost mûr de leur toilettes sèches (azote, avec un peu de phosphore et de potassium), de la cendre de bois (potassium) et du BRFbois raméal fragmenté(carbone). Une fois ratissé de niveau, le lit a été recouvert d'une fine couche de compost noir (plus il est foncé, plus il y a de matière organique) et une couche épaisse de paille. La paille sera retirée au printemps avant la plantation afin de laisser le sol se réchauffer et ne pas favoriser les conditions idéales pour les limaces et les escargots. Une fois le travail fait et le soleil d'hiver en train de se coucher, nous sommes allés à l'intérieur pour goûter, ce que nous appellons « the tea break » !



**A little digression: it was a sunny Saturday morning and was so warm inside the house I asked whether they'd had a fire in the woodstove the evening before. “No” was the answer. You really have to experience first hand a passive house in action. With all the talk of rising energy prices, I never hear a politician, nor a journalist on the radio or TV, say that we now have the knowhow to build houses that don't need (almost any) heating even in our grey European winters. Thermal mass on the inside, a huge overcoat and hat of insulation on the outside and large windows facing south. Mélanie's and Bruno's house achieves this using straw bales and mud—this is clever but it's not rocket science—and they heat their water with solar and wood.


**Petite digression : c'était un samedi matin ensoleillé. Il faisait si chaud à l'intérieur de leur maison que j'ai demandé s'ils avaient fait un feu dans leur poêle à bois la veille. « Non » fut leur réponse. À mon avis, on a vraiment besoin de se familiariser avec une maison passive pour bien comprendre son fonctionnement. Avec tous les discours sur l'augmentation des prix de l'énergie, je n'ai jamais entendu un politicien, un journaliste à la radio ou à la télévision, dire que nous avons maintenant le savoir-faire pour construire des maisons qui n'ont pas besoin de chauffage, même dans nos hivers européens gris. La masse thermique à l'intérieur, un énorme manteau et chapeau d'isolant et des grandes fenêtres face au sud. La maison de Mélanie et de Bruno le réalise en utilisant des bottes de paille et de la terre cruec'est si intelligent, mais ce n'est vraiment pas sorcieret ils chauffent leur eau avec du bois et le soleil.

1 comment :

Bruno said...

J'ai compris quelques jours plus tard pourquoi la terre végétale est soudain devenue moins profonde dans la dernière partie. C'est à cet endroit que Gildas a étalé la terre des fondations de la maison, une couche de schiste jaune et seulement 20 ou 25 cm de bonne terre par-dessus. Les courgettes seront moins grosses dans ce coin là.
Thank you Stuart for this great article which give us smile and motivation.